Unique site Radar des Plages du Débarquement

Un peu d’histoire

Le camp de Basly

La ville de Douvres-la-Délivrande se situe entre Caen et la mer, et entre Courseulles et Ouistreham. Elle représente, de part sa position, un point stratégique important, où les Allemands décidèrent dès le début de l'Occupation d'installer une station de détection lourde (Funkmesstellung). Celle-ci allait être dotée de pas moins de 5 radars permettant une détection jusqu'à 400 kilomètres. Le nom de code choisi est celui de « Distelfink », Chardonneret en français.

Le terrain retenu se trouve sur un plateau à 50 mètres au dessus du niveau de la mer. Il est possible de ce point d'observer l'ensemble de la Côte de Nacre.
A partir de février 1942, l'organisation TODT commence les travaux sur ce terrain situé le long de la route menant à la commune voisine de Basly. Environ 1000 personnes ont travaillé sur ce chantier : travailleurs réquisitionnés par le STO, ouvriers des entreprises de BTP ainsi qu'un fort contingent de travailleurs étrangers, notamment des Italiens.

Sur 35 hectares, une trentaine d'ouvrages bétonnés sont construits. Le camp est divisé en deux parties, la partie Nord accueille un radar géant Wassermann, avec un rayon de détection de 400 kilomètres. La partie Sud abrite 2 radars de veille Freya (d'une portée de 200 kilomètres), ainsi que 2 Würzburg-Riese, radars de poursuite d'une portée de 80 kilomètres.

Le cœur de la station est installé dans un puissant bunker enterré de deux étages « Anton », qui abrite les appareils de coordination radar et le Poste de Commandement du camp.
Des baraquements en bois abritent la partie administrative ainsi que le casernement. Des bunkers protègent les abords du camp, d'autres servent au logement des soldats.

Environ 230 hommes de la Luftwaffe de la 8ème Compagnie du Lufnachrichten, Régiment 53, dirigés par le Hauptmann Dr Jäger, puis à partir du 1er janvier 1944 l'Oberleutenant Kurt Egle, composent la garnison de la station.

Selon toute vraisemblance, la station radar est opérationnelle au printemps 1943. Mais les travaux continuent jusqu'en juin 1944.

« Distelfink » au moment du Débarquement

Quelques semaines avant le Débarquement, l'aviation Alliée procède à plusieurs raids contre la station radar, comme elle le fait sur l'ensemble des installations allemandes du Nord-Ouest de la France afin de ne pas laisser deviner le lieu du Débarquement.
Le matin du 6 juin 1944, un avion britannique détruit l'antenne Wassermann haute de 65 mètres. Les allemands de la Compagnie de veille aérienne, réfugiés à l'intérieur du camp, accueillent une partie des soldats en poste à Douvres et à Tailleville.
Dans l'après-midi du 6 juin, des soldats Canadiens appartenant au régiment du Royal North Shore, venant de Saint-Aubin-sur-Mer, se heurtent aux défenses de la partie Nord du camp. Ils décident de laisser cet obstacle aux troupes britanniques.
Du 6 au 17 juin, les opérateurs radaristes allemands repoussent courageusement plusieurs assauts et continuent de renseigner leur état-major sur les mouvements de troupes qu'ils peuvent apercevoir de la station. Grâce à des avions venant de Mont-de-Marsan, un parachutage nocturne permet à la garnison de recevoir un approvisionnement. L'artillerie navale et l'aviation bombardent les positions allemandes, causant des dommages dans Douvres et tuant plusieurs civils. Enfin le 17 juin, 3 assauts menés par le 41ème Royal Marine et les chars spéciaux du 22ème Dragoon ont raison de la résistance allemande.
Les troupes britanniques investissent les bunkers allemands et occupent leurs positions. La dernière poche de résistance disparue, la Libération de Douvres est enfin effective, 11 jours après le Débarquement…

La création du musée

Après l'occupation de la station par les troupes britanniques, des prisonniers de guerre allemands sont employés, à partir du 8 mai 1945, au déminage du site.
Ces opérations de déminage, de remblaiement et de remise en culture se poursuivent sur plusieurs années. Toutefois, une délibération du Conseil Municipal de Douvres-la-Délivrande, datant de 1950, menace de démissionner si les problèmes de sécurité, notamment le déminage, ne sont pas résolus et pris en charge par l'Etat.

Une fois les bunkers comblés, les terrains sont remis en culture. La station radar disparaît peu à peu des mémoires et du paysage. Mais une personne s'y intéresse encore, et ne veut pas que disparaisse « Distelfink » : M. Raymond Laville, Président des Anciens Combattants de Douvres propose la création d'un musée dans les anciens bunkers.
En 1992, la mairie rachète 3 hectares de terrain où se trouvent les bunkers les plus importants.
En parallèle, avec l'approche du 50ème anniversaire du Débarquement, le Mémorial et le Conseil Régional réfléchissent à l'installation d'un musée sur les terrains acquis par la ville de Douvres. Le Mémorial se voit proposer le don d'un authentique radar Würzburg-Riese datant de la Seconde Guerre Mondiale, préservé par l'équipe de radioastronomie du Pr. Rocard. Cet élément déclencheur va permettre le montage d'un dossier pour l'aménagement d'un musée dans deux bunkers.
Le Musée Radar de Douvres-la-Délivrande est inauguré le 6 juin 1994, sa gestion est d'abord assurée par le Mémorial jusqu'en 2006. Depuis cette date, la mairie de Douvres-la-Délivrande a repris la gestion du musée.